Jeudi 4 mars 2010
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La Stratégie Europe2020 apportera
plus de 2% de croissance, selon M. Barroso
Le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a estimé que
sa stratégie économique pour la prochaine décennie, qui succède à la stratégie de Lisbonne, apportera plus de 2% de croissance dans l'UE.
Présentant sa proposition "Europe 2020" pour une "croissance intelligente,
verte et inclusive" le 3 mars à Bruxelles, il a déclaré que, si l'on n'agissait pas, l'Europe pourrait connaître une croissance lente voire négative.
La nouvelle stratégie de l'UE pour la croissance durable et l'emploi arrive
au beau milieu de la pire crise connue depuis des décennies.
Elle remplace l'Agenda de Lisbonne, adopté en 2000, qui a largement échoué
à faire de l'Europe "l'économie du savoir la plus dynamique au monde d'ici 2010".
Le nouvel agenda met l'innovation et la croissance verte au cœur de son modèle de compétitivité et propose un contrôle plus strict des programmes de
réforme nationaux, l'une des plus grandes faiblesses de la stratégie de Lisbonne.
Lors d'un sommet du 11 février, les dirigeants de l'UE ont largement approuvé un document du président du
Conseil Herman Van Rompuy, qui a appelé à une mise en œuvre plus rigoureuse et un contrôle des procédures pour la nouvelle stratégie.
La Commission doit présenter ses propositions finales pour Europe 2020 le 3 mars en amont du prochain sommet
de l'UE les 25 et 26 mars.
Si elle entre en vigueur, la stratégie UE 2020 devrait apporter "2% de croissance" à l’Europe, a indiqué le
président de la Commission, José Manuel Barroso, lors de la présentation du texte à Bruxelles, le 3 mars.
Il a cependant ajouté qu’il était « trop risqué » de spéculer sur des chiffres précis, la crise économique
actuelle rendant trop difficile toute prévision.
Selon M. Barroso, la crise a rendu « urgent» le renforcement de la gouvernance économique de l’UE. Il a
d’ailleurs noté que certains pays avaient assoupli leur position à ce sujet.
"Les choses ont maintenant changé", a affirmé le chef de l'exécutif européen. "Nous sommes plus indépendants
que jamais. Nous avons plus que jamais besoin d’une coordination économique", a-t-il ajouté, insistant sur le fait que "les divergences entre Etats membres ont un impact direct sur chacun d’entre
nous".
Cinq objectifs
La stratégie définit cinq objectifs principaux pour l’UE. Les Etats membres devront ensuite les traduire
concrètement à travers des propositions politiques au plan national :
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75 % de la population âgée de 20 à 64 ans devra avoir un emploi;
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3 % du PIB de l'UE devra être investi dans la R&D;
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les objectifs dits «20/20/20» en matière de climat et d'énergie doivent être atteints;
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le taux d'abandon scolaire devra être ramené au-dessous de la barre des 10 % et au moins 40 % des jeunes
générations devront obtenir un titre ou un diplôme;
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il conviendra de réduire de 20 millions le nombre de personnes menacées par la pauvreté.
Certains de ces objectifs, notamment les 3% de R&D figuraient déjà dans la précédente stratégie de
Lisbonne, qui s’achève en 2010. Les 20% de réduction d’émission de gaz à effet de serre et d’énergie renouvelables ont été adoptés quant à eux dans le cadre du paquet énergie climat, en décembre
2008.
"Il y a des choses dans notre stratégie dont vous aurez déjà entendu parler auparavant", a déclaré M.
Barroso. "Nous en sommes désolés. Ils ne seraient pas là s’ils avaient été correctement mis en place ces dix dernières années".
Des liens avec le pacte de stabilité
Pour que ces objectifs soient véritablement mis en place par les Etats membres, et que cette nouvelle
stratégie ne soit pas un échec, la Commission propose d’évaluer la stratégie UE 2020 et le pacte de stabilité et de croissance en même temps, même s’ils demeureront "des instruments distincts",
précise le communiqué de la Commission.
"Ceci permettra à ces deux stratégies de poursuivre des objectifs de réforme similaires, tout en conservant
leur identité propre", ajoute l’éxecutif européen.
Cette proposition pourrait cependant faire face à une forte résistance de certains Etats membres, l’Allemagne
en tête. Lundi 1er mars, la chancelière Angela Merkel a écrit au président Barroso pour lui indiquer que lier les objectifs de la stratégie au respect du pacte de stabilité et de croissance
pourrait rendre la surveillance fiscale "inutilement politique".
José Manuel Barroso a cependant rejeté ces critiques. "Il n’y a pas de chevauchement", a indiqué le président
de la Commission en réponse à une question sur les liens entre la stratégie et les règles de la zone euro. Les deux processus resteront "séparés" afin de maintenir "l’intégrité du pacte de
stabilité et de croissance", indique la proposition.
L’UE n’ayant pas été totalement libre d’agir pour faire aboutir la stratégie de Lisbonne, le président de la
Commission a indiqué qu’il fallait cette fois prendre le problème à bras le corps.
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